Work hard , play hard

Work hard , play hard : une piste à suivre pour vivre mieux ?

Work hard , play hard . Cette phrase typiquement américaine m’a toujours laissée perplexe . Quand je l’entends , à chaque fois je me demande :

  • Est-ce que ça veut dire qu’on devrait travailler à fond pour réellement mériter le droit de se reposer ?
  • Du coup, devrait-on se sentir obligé de profiter pleinement de ce repos si durement gagné ?
  • Nos vies peuvent-elles vraiment ressembler à un bouton ON/OFF dont on devrait sans cesse alimenter le courant ?

Chaplin film les temps modernes

Accélérer la cadence

Cette vision du monde me terrifie. Mais n’a-t-on pas déjà basculé dans ce schéma-là ? On nous somme de travailler plus, d’accélérer la cadence, de gagner sans cesse en productivité pour soutenir la croissance. A la clé, on nous promet plus de consommation, de loisirs : work hard , play hard. Work hard , play hard . A force d’être rabâchée , l’idée s’insinue dans nos têtes . Ça pourrait même paraître séduisant .

Alors si on faisait un pas de côté pour y réfléchir à tête reposée ?

Notre fuite en avant

On le voit bien : notre monde s’est emballé . Avoir tout , tout de suite , toujours plus vite . Courir en se comparant aux autres , sans jamais s’arrêter .  Il faut accélérer le rythme , nos sensations doivent toujours être plus fortes .

Courir comme dans une course-poursuite . Justement : regardez les course-poursuite dans les films , elles sont un exemple frappant de notre volonté d’aller toujours plus vite . Comparez une course-poursuite d’un film des années ’70 puis celle d’un film actuel . Quel réalisateur accepterait aujourd’hui de monter des plans de plus de 3 secondes dans une scène d’action ? Certes, il y a des différences techniques : les voitures roulent plus vite, on peut multiplier les effets spéciaux et les caméras sont plus petites aujourd’hui .

Mais le progrès technique justifie-t-il seul le fait qu’on accélère sans cesse les choses ? N’est-ce pas plutôt notre cerveau qui s’est accoutumé à ce que ça aille de plus en plus vite ? Work hard , play hard . Work hard , play hard .

Quand je tombe sur un film d’action actuel , je reste hypnotisée devant les images : ça va tellement vite que mon cerveau n’a plus le temps d’analyser ce qui défile . Je suis en état de sidération , incapable de décrire mes émotions . Et si je ressens ça devant un simple film de fiction , qu’en est-il de ce que je vis réellement ? Suis-je encore capable d’exercer mon libre-arbitre quand j’ai l’impression d’être submergée d’informations qui se bousculent ?

Plutôt que de me noyer dans ce schéma du toujours plus , toujours plus vite , j’ai envie de faire un pas de côté pour y réfléchir à tête reposée .

Comment répondre aux injonctions sociales

Je vois bien que le rythme de nos vies s’accélère sans cesse . Notre monde nous pousse à penser qu’on doit :

  • Prendre des décisions rapides , qu’on n’a pas le temps de réfléchir : 5 personnes regardent cet hôtel en même temps que toi , réserve-vite avant qu’il ne soit trop tard . Hop la vente privée commence : clique immédiatement pour acheter sinon le stock sera épuisé .

  • Au travail , augmenter la cadence et gagne en productivité . Le très en vogue lean management ne supporte aucun grain de sable : il faut travailler en flux tendus, ne jamais avoir de stocks, être flexible pour travailler sur toutes les tâches, ne rien gaspiller . Ce qui est produit aujourd’hui doit être vendu demain , ensuite ce sera déjà dépassé . Être dépassé , c’est un truc de looser . Et vous ne voulez pas en devenir un n’est-ce pas ?

  • Rester connecté en permanence : comment ça, tu ne réponds pas à tes SMS dans les 5 minutes qui suivent ? A un email dans la journée ? Notre premier réflexe en nous réveillant est de regarder notre téléphone : qu’ai-je raté pendant que je dormais ?

comment apprendre à gérer sa frustration

Nos efforts seront récompensés

Nous sommes devenus des boulimiques de la vie . Il faut toujours faire le plein d’objectifs à atteindre , subir un rythme plus soutenu en accélérant la cadence . Mais attention , on a une compensation en récompense de tous nos efforts : consommer . Nous avons fait tellement de sacrifices pour mériter cette compensation qu’on consomme de manière de plus en plus pulsionnelle :

  • D’un clic, on achète . Mais il faut que ce soit livré le lendemain . Et quand nos colis arrivent on ne sait parfois même plus ce qu’on a commandé .

  • On reste les yeux rivés sur nos smartphones à guetter tous les signes qui indiquent une validation sociale de notre vie : combien de likes pour chacun de nos actes ? Ce qui peut entraîner une forme de dépression en scrollant ces images tellement parfaites . Vous est-il déjà arrivé de vous demander : pourquoi ma vie est-elle si nulle comparée à celle des autres ?

Finalement toutes ces récompenses n’apportent-elles pas plus de frustration que de plaisir ? Je trouve que c’est quand même intéressant de voir qu’en pensant satisfaire enfin nos envies , on finit par générer encore plus frustration .

Mais alors : ces formes de compensations étaient-elles la bonne réponse à nos besoins ?

Et si on se posait quelques minutes pour y réfléchir ?

Vouloir plus

Vouloir plus nous a longtemps permis de faire évoluer nos vies de manière à offrir un meilleur avenir à nos enfants . Mus par ce désir d’explorer le monde , d’inventer de nouvelles techniques , d’améliorer nos sociétés , nos ancêtres ont réussi à créer la société d’abondance dans laquelle nous vivons . Et ça a plutôt bien fonctionné . Nous avons une qualité de vie que personne ne pouvait imaginer il y a 100 ans . Mais est-ce bien raisonnable aujourd’hui d’en vouloir encore plus ?

Notre bonheur réside-t-il dans un restaurant instagramable , une voiture plus grosse que celle de notre voisin ou un dressing rempli de centaines de paires de chaussures ?

En vouloir toujours plus

Les photos de cet articles sont extraites des Temps modernes de Charlie Chaplin – un film à revoir

Apprendre à dompter sa frustration

Pour ma part, je ressens un réel plaisir à apprendre à dompter ma frustration . C’est un sentiment qu’on voit toujours de manière négative et qui pourtant a beaucoup à nous apporter .

  • Par exemple , je ne cède pas immédiatement à mes pulsions d’achat : hors achats essentiels de ma vie quotidienne , j’attends toujours quelques jours avant d’acheter quelque chose . Si l’envie et / ou le besoin passent , c’est que ce n’était pas important pour moi , que d’autres solutions existaient . Et si elle perdure , je ressens encore plus de plaisir à l’avoir enfin . M’offrir le temps de laisser monter le désir apporte encore plus de valeur à l’objet convoité .

  • Côté ménage , je pourrais employer quelqu’un pour venir nettoyer ma maison . Gâcher quelques heures du week-end à faire le ménage peut être assez frustrant . Mais je pense que conserver cette contrainte a aussi des avantages : d’abord en tant que maman de garçons je suis moyennement à l’aise avec l’idée que mes enfants voient comme normal que quelqu’un vienne faire le ménage pour eux . Ensuite je trouve que c’est toujours plus intéressant d’assumer les conséquences de nos actes : si nous avons été capables de salir collectivement notre maison , nous sommes aussi capables de faire le ménage ensemble . Enfin j’aimerais que cette corvée devienne une tâche naturelle pour mes hommes, que ce ne soit plus une question qu’on évacue en la déléguant à une tierce personne ( qui se trouve généralement être une femme de ménage ).

  • En cuisine , j’ai décidé de limiter au maximum ma consommation de viande . Ce qui m’apparaissait au départ comme une frustration devient avec le temps un réel plaisir : ça m’oblige à changer ma manière de cuisiner en misant sur une plus grande variété d’ingrédients et en privilégiant les produits de saison . Finalement , ce qui me semblait être une contrainte au départ se révèle un merveilleux atout pour varier les plaisirs à table .

  • En voyage , je ne me force plus à visiter les incontournables . Il m’arrive de zapper des lieux emblématiques volontairement , sans ressentir la moindre culpabilité . Si je n’en ai pas envie , je n’ai pas besoin d’aller vérifier que le tour de Pise est penchée ni de faire une photo de moi la tenant à bout de bras . Je revendique le droit de me fabriquer les souvenirs qui me plaisent dans des endroits pas toujours instagramables . Ou de poser l’appareil photo pour vivre l’instant et graver ces souvenirs dans mon cerveau plutôt que sur une carte SD .

Un moteur pour changer son quotidien

Si on la dompte , la frustration peut devenir un réel moteur pour changer notre quotidien . L’accepter peut nous permettre de sortir de ce schéma de la vie parfaite qui se mérite.

Soyons clairs : nous n’aurons jamais une vie idéale , où tout roule à la perfection . Parce que fort heureusement , nous ne vivons pas dans les pages en papier glacé d’un magazine . La vraie vie est bien plus que ça .

Notre vie est et sera remplie de frustrations , d’épreuves et de pertes . Mais nous avons le droit d’être heureux malgré tout , et même d’apprendre à les aimer . Si elles pointent ce qui nous manque , elles nous permettent aussi de réaliser qu’on possède déjà et peut nous rendre heureux .

Qu’on a le droit de dire non à cette société du toujours plus et d’ accueillir nos frustrations avec sérénité plutôt que de chercher à les faire disparaître . Parce que j’ai remarqué un truc : le piège quand je veux vite combler une frustration , c’est qu’une fois passé le plaisir fugace de la satisfaire, une autre frustration pointe vite le bout de son nez . Comme si j’alimentais moi-même ce cycle infernal . Work hard , play hard : je me demande si on peut réellement trouver le bonheur dans ce schéma de vie . Pour ma part , j’ai envie de répondre à ceux qui répètent cette phrase comme un mantra : où cours-tu comme ça ?

Comment changer son quotidien

Et toi , que penses-tu de cette phrase : Work hard , play hard ?

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Banane
Banane

Beaucoup de mots pour une reprise (ne travaillant pas le mercredi, le jeudi est mon deuxième lundi : il me faut un petit temps de chauffe, je me passe en compagnie des réseaux sociaux… on repassera pour la surproductivité!) 😉
Juste pour laisser une trace de ma première réaction, je reviendrai lire cet intéressant texte plus tard.
Pour moi “Work hard, play hard” ce serait plutôt d’être à ce qu’on fait.
Quand on travaille on le fait vraiment, quand on se distrait aussi. En étant pleinement à ce qu’on fait on se donne (important : ça ne dépend pas des autres) le droit de profiter sans avoir le petit vélo qui tourne dans la tête pendant qu’on fait une partie de Colon de Catane avec les enfants.
Mais je me goure peut-être, je ne l’ai jamais entendue dans un discours ou autre.

Picou

Je trouve que cette philosophie actuelle met une pression énorme sur nos vies, encore exacerbée par les réseaux sociaux et la vie idyllique qu’on veut bien y voir chez les autres. Comme tu le dis, c’est une injonction à toujours plus : travail, consommation, épanouissement personnel, statut social, apparence, connaissances culturelles, …
On ne peut pas être parfait sur tous les fronts, et d’ailleurs qui dit qu’on ne l’est pas déjà au départ? On ne peut pas tous répondre au même schéma – et encore heureux, ce serait si triste si on était tous bâtis exactement sur le même moule! – et il y a mille façons de trouver un sens à sa vie, et un accomplissement social ou personnel. Ça peut passer par ce modèle là, pourquoi pas après tout tant que ce n’est pas subi ; mais ce n’est pas une obligation, et ce n’est pas toujours si facile aujourd’hui de le réaliser.
Le dénominateur commun serait peut être, quand même, qu’on doit rester acteurs de nos vies… pour agir, oui, mais peut être aussi pour savoir garder le recul nécessaire, et voir ce qui nous convient le mieux, à nous!

minoval67
minoval67

J’aime bcp ton analyse… En arrêtant de travailler puis, qques années plus tard, en essayant de prendre un gros tournant dans ma façon de consommer, j’ai limité de façon drastique le stress et la course à/au … Moi qui n’avais jamais assez et consommais pour compenser un mal-être, je suis ajd bien incapable de donner des idées cadeaux lors de mon anniversaire ou à Noël, à part des bons pour ETRE et non plus AVOIR et je me sens tellement mais tellement mieux! Je ne work plus hard, je n’ai pas forcément les moyens de play hard ms bon sang que je me sens plus libre! Et alors, depuis mon retour d’Ecosse où tt semble si simple tellement les Ecossais sont chill , je relativise mm mon poignet fracturé 😉 D’ailleurs j’en profite pr féliciter Philéas et son joli bandeau d’accueil mais je ne le remercie pas car je n’ai qu’une envie, repartir 😉 !

Shadoka
Shadoka

Bah ! Ne vous bilez plus, bientôt les récompenses narcissiques devraient disparaître sur Facebook et Instagram :
https://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/la-fin-des-like-sur-facebook-0309-1184080.html

Oui Daphné, faire un pas de côté pour observer une chose sous un autre angle est toujours de bon conseil, à condition de sortir de son pré carré et là cela devient un petit peu plus compliqué parce la vision du monde est soumise à notre grille de représentation du Réel, à notre référentiel de croyances et de valeurs. En gros, où que l’on se place, on pensera toujours avec ce que notre cerveau a enregistré en connaissances, expériences et illusions accompagnées de nos traits de caractère innés. Le résultat de cette construction mentale est le fondement même de notre identité.

Ceci dit, il y a du vrai dans la réalité que vous décrivez, celle qui est régie par des injonctions paradoxales, une pression sociale, une société normative, un culte de la performance, au paraître, etc . Cependant, Tout Ceci n’existe, ne prend forme pour soi que si l’on décide d’y apporter son attention, sa conscience et son action. Si par fun, pour suivre la tendance, ou bien même pour se positionner dans un courant soi-disant anti-conformisme, on rentre dans la ronde, il ne faut pas se plaindre ensuite d’avoir mal aux pieds et à la tête.

C’est comme toutes ces personnes qui demandent ingénument jusqu’à quand les franchises de fringues continueront-elles à envahir toutes les villes de la planète.
Ben ! Jusqu’à ce que les gens arrêtent d’y aller. CQFD.
Les batailles se terminent toujours, faute de combattants.

Pour ma part, je suis plutôt optimiste de notre monde en mutation.
Les consommateurs ne veulent plus être de simples machines à acheter, à accumuler; la publicité n’exerce plus cette attirance subliminale comme le moustique est attirée par notre peau.
La conscience de l’individu croît, aspire à retrouver du sens (et non pas à « faire sens » qui est une formule absurde et bobo) et surtout à ne plus être une simple variable d’ajustement.
C’est précisément cela qui se joue souterrainement, inéluctablement et de manière incontrôlable pour le pouvoir.
L’Etat et ses complices les média mainstream ont beau s’agiter en tous sens pour faire durer ce système moribond, les moutons de Panurge commencent à sortir de l’enclos.
Tic tac, tic tac…

MarieG
MarieG

De ce que je connais des USA et des Américains, l’expression Work hard, play hard est en réalité très positive. On pourrait dire en français Travaillez bien et amusez-vous bien. Ne faites pas les choses à moitié (et même si vous ne faites rien, eh bien ne faites rien complètement, sans culpabiliser, sans regrets). Les employés de l’entreprise de location de voitures AVIS arborait ce slogan il y a quelques années: We try harder. Cela ne signifiait pas nous essayons de faire plus dur, ce qui n’aurait aucun sens, mais plutôt nous nous efforçons de faire encore mieux. Donc à la place de hard, penser bien, au lieu de dur, dans cette expression.
Avec cette signification, cette maxime n’encourage ni à la consommation effrénée, ni à ecraser les autres, elle encourage simplement un comportement personnel, à savoir bien faire son job pour remplir sa mission, atteindre ses objectifs, etc…, puis lorsque c’est le moment, le lâcher pour avoir du bon temps de la manière qui nous convient le mieux. Une bonne philosophie, non ?

Ceci dit, il est tout à fait possible d’avoir une vie idéale, surtout si on a les pieds sur terre: on peut imaginer la vie que l’on voudrait avec les cartes que l’on a en main ou qu’on va avoir, identifier ses priorités, tirer le meilleur parti de nos possibilités, puis apprécier au mieux la vie qu’on se construit.

Il est possible que je serais plus heureuse si j’étais multimilliardaire, si je pouvais me déplacer avec un chauffeur, un jet privé et un hélicoptère, avoir un chef cuisinier dans chacun de mes multiples logements, un massage différent chaque jour, et des rivières de diamants dans mes coffres-forts. Mais ce n’est pas certain. Et de toute manière, cela n’arrivera pas. Donc je préfère vivre bien la vie qui m’est offerte que de courir après des chimères. D’autant que j’ai énormément de chance: je mange à ma faim, mon pays est en paix, les services de santé y fonctionnent bien, le chauffage fonctionne bien dans notre maison, le wi-fi également; bref, les besoins fondamentaux sont largement couverts. J’ai même une adorable femme de ménage – je l’avoue, je peux accomplir plein de corvées, mais pas le ménage, peu d’activités me dépriment autant.

Plutôt que frustration, je préfère le mot Choix. Peut-être parce que frustration évoque le manque, la position du petit enfant qui ne peut pas tout avoir. Alors que le choix implique que j’accepte la finitude de mes moyens versus l’infinité des produits offerts par les marchands (au point qu’il m’arrive au final de ne rien acheter du tout).

Et pour terminer, j’ai mangé mon dernier morceau de viande il y a 25 ans, de poisson il y a 20 ans, et ma dernière photo de vacances doit dater de la fin des années 80; j’ai toujours le smartphone avec moi et je peux le sortir pour prendre une photo au vol, mais j’ai compris un jour en sortant d’un temple thaï que si mes photos étaient ratées, je n’aurais aucun souvenir de la visite, car je n’avais vu ce temple qu’au travers du viseur de mon appareil. Ce fut la fin des photos de vacances. Nous avons emménagé dans notre maison actuelle alors que les travaus n’étaient pas encore tout à fait terminés et avons dû attendre un petit mois pour déballer nos affaires. Il a fallu quelques jours pour que nous nous apercevions que la télévision avait disparu, probablement chipée par un déménageur; comme nous avions pu nous en passer pendant plusieurs semaines, nous avons décidé de ne pas la remplacer. C’était il y a 23 ans.

Belle nuit

Shadoka
Shadoka

@Marie G : Votre analyse de l‘expression « Work hard, play hard » très fine et juste dépasse le 1er niveau sémantique d’une définition brute: j’adore et j’adhère à votre vision.
Pour ma part je l’applique avec talent au sommeil : Quand « Je sleep hard », au réveil je me souviens de mes rêves ; et ça c’est trop top pour orienter ma journée de veille…:)

Jo Ridée Rieuse

Bien d’accord avec toi, le bonheur n’est pas dans cette société de consommation. Un nouveau canapé ou le dernier téléphone à la mode ne nous rendront pas plus heureux. (même si les pubs essaient de nous le faire croire). Il faut comprendre qu’on ne peut pas tout faire, il faut choisir et s’y tenir sans regrets. Pour choisir, il faut dire non à plein de choses qui grignotent notre vie insidieusement et ce n’est pas si facile.

Claire
Claire

Je l’impression que de nos jours, au fond, on a beaucoup plus d’infos, d’opportunités, de possibilités qui s’ouvrent à nous (bon ok, dans un contexte global pas évident). Mais il faut arriver à avoir assez de recul (éducation, tout ça…) pour ne pas se laisser emporter par le tourbillon et essayer de bien prioriser ce que l’on veut vraiment dans la vie (par exemple en terme d’équilibre pro/perso). Pas si simple.

Un petit bémol pour le ménage ;-D, même si je comprends (et même partage!) tout à fait ta philosophie, j’avoue que je suis faible et ne serais pas contre une aide extérieure :-)))… Mais bon, financièrement, on privilégie plutôt une escapade de plus, alors à nous les quelques heures de corvée!

Anne

Je crois que j’ai longtemps suivi cette injonction, et que ça ne marche pas, tout simplement!

Fanchette
Fanchette

Je n’ai jamais vraiment compris le sens de cette phrase…
En tout cas / en guise d’illustration de tes intéressantes réflexions, je te livre mon expérience du jour :
J’ai reçu un document dans le cadre de mon travail aujourd’hui (je work hard hard hard today !!) qui se terminait par ces mots :
«
Promis, ce spot fera péter tous les scores sur votre compte insta.
»
Outre le niveau de langage (qui ne cadre pas du tout avec mon travail – mais j’ai vérifié j’étais bien la destinataire de cette note) je suis restée scotchée par l’argument, qui m’a rappelé ce que tu racontais au sujet des choix de voyage en fonction du potentiel IG des images.
Après avoir lu cette note, j’ai plus du tout envie de worker hard aujourd’hui.
Je m’en vais donc débrancher tous ces outils de torture (ordinateur, smart-phone et autre téléphone) et je vais aller play hard dans mon jardin tiens ! Mon jardin qui est donc loin de l’extrême productivité potagère en laquelle j’avais placé beaucoup d’espoir (cultive hard – récolte hard : ça ne marche pas : la récolte n’est pas proportionnelle au temps de travail les gars : mère nature en a décidé autrement : la canicule bretonne n’a pas empêché le mildiou), mais qui me réjouis par son explosion de capucines et de cornichons en cet automne naissant…
😉

Shadoka
Shadoka

Au potager, pour que votre ratio travail/résultat soit bénéficiaire, vous devriez si je peux me permettre, essayer la permaculture. Son principe fondamental est le suivant « 80% de jus de cerveau pour seulement 20% d’huile de coude ».

En dehors de cette considération productiviste, la permaculture est un ensemble de techniques, de l’observation, du bon sens et une philosophie en lien harmonieux avec la nature macro et micro.
L’effort « hard » à accomplir c’est capitaliser la connaissance et apprendre chaque jour. Sauf évidemment si cela vous passionne, dans ce cas, on sort direct du champ de l’effort et du travail / torture, pour générer du plaisir pur. La frustration en cas d’échec est transformée en humilité car Il faut accepter d’expérimenter, tester, échouer et recommencer. Le grand voyage de la vie sur terre en somme !

Anna
Anna

<3 <3 <3 MERCI

Caam
Caam

Bonjour,
Je viens de tomber sur ton article et il me touche vraiment. Je suis hyper active depuis toute petite, alors il “faut que ça bouge”, partout, tout le temps avec moi. Résultat ? Je fais des millions de trucs ; j’ai un boulot dans l’édition génial mais très prenant – notamment durant les “semaines marathon de bouclages” – je suis membre très active de plusieurs associations ; je fais du sport (à haute dose sinon je n’arrive pas à rester assise au bureau toute la journée), le tout continuant de voir mes amis très souvent ; sans oublier de faire que de la cuisine maison ; passer au zéro déchet ou presque etc. J’adore tout ce que je fais et que j’ai de l’énergie à revendre, mais là mon prochain WE de libre il est mi janvier 2020, ça laisse peu de place pour se poser 😉 Et en même temps je ne sais pas si j’en suis capable 😀
Mais j’ai bien conscience d’être un hamster dans sa roue… Le tout en étant hyper exigeante avec moi-même car j’ai été élevé comme ça (syndrome de la “bonne élève”). Je me rends bien compte que parfois c’est dur mais dans mon cas c’est encore plus dur de s’arrêter…