Montréal en septembre

Septembre à Montréal

Dites les gars, qu’est-ce qui s’est passé ? Je suis déjà plus proche du retour que de mon départ et pourtant je n’ai même pas fait la moitié des choses que j’ai prévues à Montréal.

murale à Montréal

Montréal je t’aime

Sois prévenu, toi qui rêves de venir à Montréal : cette ville est un piège. Un piège certes adorable, enthousiasmant, aussi drôle qu’émouvant. Mais un piège, quand même. D’ailleurs c’est fou le nombre de français croisés ici qui te racontent toujours la même histoire : – « j’étais venu pour un an, et finalement je suis resté. » Ça fait 3, 10 ou 20 ans mais ils ont l’air ravis de leur choix.

J’essaie de résister mais je les comprends si bien, ces maudits français. En fait, Montréal carbure à l’utopie ; ses habitants injectent du rêve et de l’énergie, qu’elle transforme en trucs complètement barrés, ce qui fait inévitablement boule de neige. Ne le répétez pas s’il vous plait mais je crois que le résultat de tout ça, c’est que Montréal est une drogue dure ; je vois bien que les montréalais réclament toujours des doses d’utopie plus forte, entrainant les voyageurs de passage dans leur délire. Regarde d’ailleurs dans quel était je suis.

leonard cohen murale montréalstreet art à Montréalseptembre à Montréal

La ville qui ne s’arrêtait jamais

C’est bien simple ; depuis qu’on est arrivés à Montréal, on n’a pas passé une seule soirée à la maison. Mes pieds sont en compote, ma carte SD saturée, et ma carte de métro déjà bien usée. Pourtant, chaque jour je continue à demander ma dose. Depuis qu’on est arrivés ici, j’ai, entre autres :

  • aidé à construire un pont géant en carton
  • beuglé « la manifestation » avec tout le public de la maison symphonique et les Cow-Boys fringants
  • tartiné des dizaines de bagels
  • vu un festival de stop motion
  • testé le yoga avec des chèvres
  • découvert des dizaines de nouveaux jeux de société
  • appris les bases de l’apiculture urbaine
  • explosé de rire dans des matchs d’impro
  • peint un casse-tête géant
  • joué du tam-tam au Mont-Royal
  • reçu une notification me remerciant d’avoir loué plus de 50 fois des Bixi, les vélos urbains

bixi montréal

Septembre à Montréal

Et dire qu’on pensait que septembre serait plus calme, après la folie des festivals en été. Qu’on connaissait déjà la ville, qu’on se ferait un séjour à la cool, bla, bla, bla. Ouais mais ça, c’était avant de regarder l’agenda des sorties à Montréal – parce que tous les jours, tu découvres de nouvelles idées à tester absolument. Dis-moi : comment résister à une balade dans un quartier industriel avec un photographe ou un atelier pour créer des jeux vidéos avec power point ?

Comme me disait une montréalaise l’autre jour sur instagram : ce qui est bien ici, c’est qu’après les festivals d’automne, y’a ceux d’hiver. Puis les festivals du printemps évidemment, qui occupent en attendant ceux de l’été.

Olivier Grossetête Montréal

Alors je te préfère te prévenir, toi l’innocent voyageur qui te dit qu’après tout, Montréal pourrait être cool pour des vacances. Si tu veux mon avis, l’aéroport de Montréal n’en est pas vraiment un. C’est plutôt le terrier d’Alice au pays des merveilles. Plonge dedans et tu découvrira un nouveau monde qui s’ouvre à toi. Mais ne sois pas surpris si 20 ans après, tu n’es toujours pas sorti du terrier.

Je file ; après l’avoir patiemment construit cette semaine, aujourd’hui on va le détruire ce fameux pont en carton.

15 comments

  1. Montréal c’est ma ville et je l’aime! J’y suis née et j’y ai toujours vécu, étudié et travaillé. Mais Montréal, c’est aussi presque 6 mois d’hiver! C’est long 6 mois! À part si on adore les sports de neige bien sûr.

    1. Oh la la, c’est évidemment LA grande question qu’on se pose toujours ici ; mais à quoi peut bien ressembler l’hiver ? L’autre jour, dans le bus, j’entendais 2 jeunes hommes discuter. L’un semblait être un français fraîchement arrivé à Montréal. En se quittant, son interlocuteur lui a dit -« au fait, bonne chance pour l’hiver ». 😉

      1. Les premières années, c’est « tout nouveau tout beau ». Ensuite, certains continuent d’adorer Montréal et ses saisons, mais d’autres ont le mal du pays. Comme partout d’ailleurs. Tout dépend de ce qui pèse le plus dans la balance: la qualité de vie, la famille qui est loin, le froid et le long hiver, l’emploi, etc.

        1. J’ai aussi entendu la semaine dernière que c’est le cap du troisième hiver qui est le plus rude, quand l’émerveillement est passé. Qu’importe ; qu’on vienne 1 semaine, 1 mois, 1, 10 ans ou une vie entière, c’est une expérience à nulle autre pareille qu’on peut vivre ici. ( Et moi je me dis que ce sera cool aussi de rentrer, ne fusse que pour m’offrir des soirées cocooning après cette folle parenthèse montréalaise 😉 ).

  2. Ah, c’est amusant, on n’imagine pas que la ville soit si active, c’est super!
    En tout cas, nous, on a bien senti la rentrée passer…

    1. Je pensais qu’en venant en septembre la folie des festivals serait passée mais on dirait que les montréalais ne se reposent jamais ( maintenant, je rêve de voir un jour leur festival dans des igloos sur le vieux port ).

      J’espère que cette rentrée fut sereine pour toi Anne – je pense qu’on va aussi sentir passer la rentrée en arrivant en France ( même si on a pas mal de devoirs de vacances quand même – impossible de partir si longtemps sans emporter un peu de travail avec soi ). 😉

  3. Mais oui c’est dingue : t’es partie hier !!!!! Comment se fait-il que le retour se profile déjà ? Une faille spatio-temporelle ?
    J’ai pas encore lu ton article… je suis dans la machine à laver, programme essorage… j’attends le dernier tour du tambour pour sortir la tête de l’eau… Et je pourrai lire la suite de tes aventures que je survole sur ton instagram.

    1. Je ne comprends pas non plus Fanchette; moi qui venais la tête pleine de projets, me voilà à projeter le retour dans 2 semaines. On va rentrer crevés, ça c’est sûr, mais la tête pleine de souvenirs incroyables !

  4. J’avoue y avoir pensé, à l’expatriation au Québec ! Quand j’avais l’âge, parce que oui, il y a une limite d’âge ! Mais l’hiver, le très long hiver… je ne pense pas que j’aurais résisté ! Déjà qu’une année en Alsace m’a suffi pour m’enfuir ! Par contre, y passer un moment quand les températures sont clémentes… ça oui ! Faut que je négocie un long congé avec mon boss parce que 15 jours, on est d’accord, ce n’est pas suffisant !
    Régale-toi, ne pense pas au retour, à chaque jour suffit sa joie (ben quoi, c’est pa smieux comme ça ?) et raconte, raconte, raconte encore !

    1. Montréal est un guet-apens Yanne; j’ai pensé à toi en allant à la bibliothèque Marc Favreau. Entre son jardin pour bouquiner en plein-air, jardin intérieur qui grignote les étagères, kitchenette à disposition et salon de lecture tout vitré avec cheminée au centre, je suis sûre que tu adorerais ce lieu.

      Oh la la, je raconte plein de trucs du quotidien – mais en story; c’est plus simple qu’ici 😉 . Et je reviens vite; je note plein d’adresses à partager en rentrant ( mais on est bien d’accord ; 1 mois c’est loin d’être suffisant pour prendre son temps ).

  5. C’est vrai que c’est tentant, à te lire et à lire/entendre beaucoup d’autres. Mes parents ont aussi beaucoup aimé Québec et ses alentours, cet été, lors de leur road trip canadien.

    1. Oh chouette Val Lao; ont-ils vu des baleines dans le Saint-Laurent ? Je dois t’avouer que je n’ai pas trop accroché avec la vieille-ville de Québec, mais il parait que les quartiers universitaires, entre autres, sont très sympas. Le hic c’est qu’il y a déjà tant de choses à faire à Montréal qu’on ne pourra pas retourner à Québec – du moins cette fois.

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