parodie de monsieur madame

Quel Monsieur Madame serais-je ?

Petite parodie de Monsieur Madame

Connaissez-vous la collection Monsieur Madame de Roger Hargreaves ? A la maison, on les adore ! J’ai appris à lire avec eux, puis Philéas et Virgile ont repris le flambeau. Ils sont mignons, bien écrits et captent nos petits travers avec une délicieuse pincée d’humour british.

Ne vous laissez pas berner par leur apparente naïveté; les Monsieur Madame on beaucoup de choses à nous apprendre sur nous-mêmes. D’ailleurs, je sais exactement quelle Madame je serais ! Malheureusement, ce livre-là n’existe pas encore. Mais aimeriez-vous connaître son histoire en avant-première ?

parodie de monsieur madame

Je vous la présente ? 

Pauvre Madame Culpabilité, sa culpabilité semble aussi lourde à porter que le gros sac qu’elle traîne. Ce matin, elle n’a trouvé que deux chaussettes dépareillées et n’a pas eu le temps de se coiffer. De toute façon, ses cheveux virent au vert. Il faut dire que cela fait si longtemps qu’elle n’a pas réussi à prendre rendez-vous chez le coiffeur. Et côté abdos, c’est pas la joie non plus. 

Et maintenant, place à l’histoire :

NDLD ( note de la Daphné ) : ceci n’est qu’une petite parodie, hein !

Madame Culpabilité

Par un beau matin, le réveil de Madame Culpabilité sonna. Comme tous les matins, elle replongea dans le sommeil. 20 minutes après, elle se leva en regrettant de s’être couchée encore une fois bien trop tard la veille.

Oh zut, elle n’avait plus le temps de faire un petit-déjeuner sain à ses enfants. Mme Culpabilité s’en voulu de leur faire des tartines en vitesse. Et flûte; le panier de linge sale débordait. Dans le fouillis de son armoire, elle ne trouva que deux chaussettes dépareillées.

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Quand elle arriva devant l’école, la cloche sonnait déjà. Mme Culpabilité se sentait rougir. Mr Tatillon, le directeur d’école, tapotait sa montre en regardant.

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Enfin arrivée au travail et installée à son bureau, Madame Culpabilité ne put s’empêcher de penser à ses enfants pendant toute la matinée. Mais heureusement, ce soir elle sortirait tôt. Oh non, son chef arrivait l’air fâché. Monsieur Grognon entra en criant qu’il organisait une réunion en fin de journée.

 

Madame Culpabilité décida de s’accorder une petite pause. Mais Mr Malchance trébucha devant la machine à café. Il renversa son cappuccino sur son jean blanc. Madame Culpabilité balbutia en vitesse ;

  • « ce n’est rien, ne vous en faites pas ». Puis elle couru aux toilettes les cuisses ébouillantées.

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Pendant sa pause déjeuner, Madame Culpabilité avala un sandwich en quatrième vitesse devant la télévision de la cafétéria. Ouf, elle pouvait enfin souffler et organiser les prochaines vacances de sa famille. Quelle chance; elle avait trouvé des billets d’avion en solde et une jolie location. Tous ses collègues se retournèrent vers la télévision pour le bulletin météo. Madame Bavarde, la présentatrice, annonça :

  •  « quelle triste nouvelle; nous sommes déjà arrivés au jour du dépassement, quand on commence à puiser dans les réserves de la terre. Pensez à limiter vos déplacements pour protéger notre planète. « 

Mais Madame Culpabilité n’eut pas le temps de s’épancher sur le sort des ours polaires. Son téléphone vibrait, c’était un SMS de l’école.

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Son fils avait de la fièvre et elle devait immédiatement aller le chercher. Monsieur Grognon pris fort mal cette enième absence. Alors, Madame Culpalité promis de compenser en restant plus tard le soir pendant les semaines à venir.

 

Arrivée à la maison pour jouer les garde-malade, Madame Culpabilité se dit qu’un grand ménage ne serait pas du luxe. C’est ainsi qu’elle passa le reste de sa journée à astiquer sa maison tout en ramassant le vomi derrière son petit dernier.

 

Le soir venu, Madame Culpabilité se dit qu’elle pourrait se simplifier la soirée en commandant des pizzas.  Mais elle ne put s’empêcher d’avoir la sensation d’être une mauvaise mère en ouvrant son frigo : son bac à légumes était rempli de salades flétries et carottes pourries.

madame autoritaire

Alors que le livreur arrivait, le téléphone sonna. Aïe, c’était Madame Autoritaire. Elle hurlait qu’elle n’avait toujours pas reçu la comptabilité de l’association de l’école :

  • « Madame Culpabilité, que vont devenir nos enfants si vous n’envoyez pas la déclaration aux impôts demain ? »

Madame Culpabilité se sentait mal; elle aurait du dire lors de la réunion de parents d’élèves que c’est Madame Canaille qui, pour lui faire une farce,  l’avait inscrite volontaire d’office.

madame canaille

Comment faire ? Madame Culpabilité proposa aux enfants de manger les pizzas en regardant des dessins animés. Pendant ce temps, elle ferait la comptabilité. Mais tout de même, elle s’en voulait : manger devant la télé était contre ses principes.

 

Enfin dans son lit bien après minuit passé, Madame Culpabilité repensait à sa journée en tentant de trouver le sommeil. Cette journée avait été loin d’être parfaite. Mais après tout, elle avait fait de son mieux pour tout le monde, n’est-ce pas ?

Et c’est là qu’elle reconnut une petite voix qu’elle ne connaissait que trop bien. Oui, elle s’était occupée de tout le monde -à l’exception d’une personne : elle. Mais pourquoi est-ce qu’elle n’arrivait pas à faire aussi de son bien-être une priorité ? Oh non, voilà une nouvelle occasion de culpabiliser. Et dire qu’il ne lui restait déjà plus que 6 h de sommeil !

 

Attention, ceci n’est qu’une parodie de Monsieur Madame

Merci Philéas de m’avoir aidée à fabriquer la couverture de ce livre – que ferais-je sans mon ado-rable toujours prêt à me suivre dans mes délires ? <3

Toute ressemblance avec la vie réelle ne peut être que fortuite; il est bien évident qu’il ne s’agit que d’une fiction. Comment ça ; ne me dites pas que cette histoire vous rappelle votre quotidien ? 

Avez-vous aimé cette histoire ? Pourquoi ne pas la partager avec vos amis ?

Certains se reconnaîtront peut-être !

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24 Commentaires sur "Quel Monsieur Madame serais-je ?"

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Fredix
Invité
Fredix

J’ai bien connu Madame Culpabilité mais je la fréquente de moins en moins, elle m’exaspère avec son côté envieux et jaloux de Madame Parfaite ! Je rencontre de plus en plus souvent Madame Moidabord et Madame Aprèstoutjemenfous et nous allons boire ensemble des Mojitos !

Fanchette
Invité
Fanchette

Ouille j’espère que ça ne te ressemble pas trop tout de même ? (sauf pour les chaussettes : who cares ?).
Moi je serai plutôt Madame Tête-en-L’air ;
J’ai suivi avec plaisir tes pérégrinations canadiennes.

Jo Ridée Rieuse
Invité

Nos billets d’aujourd’hui se complètent. Spontanément, pour moi, je choisirais Madame en Retard mais Madame Culpabilité n’est pas loin. Quand j’avais ton âge, j’étais à fond dans l’idée de la perfection et je culpabilisais pour un rien. En devenant quinqua et maintenant plus libre, j’ai décidé de prendre un minimum de charge mentale sur mes épaules. Pour ça, il faut apprendre à dire Non et ça c’est pas gagné.

Val Lao sur la Colline
Invité

Ah la laaa quelle histoire !
Oui bien sûr, je pense qu’on se reconnaît un peu toutes là-dedans, et je mets bien le féminin sciemment. Je crois surtout que ce type de culpabilité (pour résumer grossièrement : « je suis une mauvaise mère » + « je dois faire plus pour être reconnue ») ne vient que de la société dans laquelle nous vivons. Il est évident que nous faisons 1.000 actions positives par jour, pour le bien-être de notre entourage, pour la performance de l’entreprise qui nous emploie. Le truc c’est que ces actions-là ne sont jamais mises en valeur, puisque c’est « normal ».
Je relève le coup du « je resterai plus tard la semaine prochaine pour compenser mon absence de 2 heures aujourd’hui » qui me hérisse au plus haut point. Car ce qui compte, ce n’est pas le temps passé derrière son bureau, mais l’efficacité qu’on y met.
Malheureusement, la société valorise l’homme qui rentre tard du boulot, alors que dans ce temps de travail, il aura pris maintes pauses, pris son temps à déjeuner ou fait du sport, discuté de tout et de rien avec ses collègues ; et du coup oui, à 15 heures il se dit que mince, il reste encore tout ça à faire, et rentre chez lui à 20 heures.
A contrario, de nombreuses femmes, qui « bien entendu » ont en charge de récupérer les enfants à la garderie etc. sortiront plus tôt mais auront bouclé leur taff à 17 heures.
On n’est jamais aussi efficace qu’au pied du mur. Jamais (j’en sais quelque chose).
De nombreuses études montrent cela, et montrent même qu’en fin de compte, le temps partiel est plus « performant » que le temps plein, pour les mêmes raisons.
Bref.
Pour ma part, je n’ai pas une forte propension à la culpabilité, et j’en suis bien aise. J’assume mes conneries, les répare si possible, je ne fais pas toujours tout bien, loin de là, je lâche l’affaire parfois alors que je sais que « ce n’est pas bien », mais n’en fais pas une source de culpabilité. En fait, je crois qu’on n’apprend que si on se trompe, alors me tromper ne me pose pas de problème, tant que les conséquences restent supportables.
J’ai appris depuis longtemps à dire NON, avec le sourire, y compris à mon boss, même si ça n’est pas toujours facile. Le truc c’est de se projeter dans la situation dans laquelle on serait si on disait oui. Et de se demander qu’est-ce qui au fond me ferait dire Oui. Bon parfois, je me fais quand même avoir hein…
J’ai appris à dire aussi ce qui ne va pas, d’après moi, ce qui me dérange, même si parfois je préfère d’abord envoyer un e-mail qui me permet de temporiser, mieux poser les mots et les pensées, e-mail qui déclenche souvent une bonne discussion constructive. Evidemment pour des sujets plus graves qu’un café renversé sur le jean blanc (j’avoue que je ne sais pas trop ce que j’aurais dit à la place de Mme Cupabilité, mais j’aurais sans doute exprimé mon désagrément)
Et surtout j’ai appris à ne pas me préoccuper de ce que les autres pensent, et bordel, quelle liberté ! Je crois d’ailleurs que c’est de cela que vient le fait de culpabiliser ou non : la culpabilité vient surtout de ce qu’on pense que les autres pensent de nos actes. Sinon, pourquoi rester plus tard au boulot pour seulement compenser une petite absence, toutes choses étant égales par ailleurs en terme d’accomplissement du travail ? Pourquoi culpabiliser parce que pour UNE FOIS les enfants mangent de la pizza industrielle devant la télé ? Ils sont ravis eux ! Mais la « société » pense que c’est maaaal…

Ah mince, le pavé ! Aux lecteurs éventuels de ma diatribe, ne culpabilisez pas d’avoir perdu du temps à me lire, qui sait, le partage de nos opinions sur le sujet nous permettra peut-être d’en gagner à d’autres occasions ?!

Mila
Invité
Mila

j’essaie tant bien que mal de faire ainsi, Val Lao, mais tu sais, je culpabilise APRES d’avoir dit non….et j’en fais deux fois plus pour me rattraper, pffff. ….j’ai encore du chemin à faire, hein ? 🙂

Val Lao sur la Colline
Invité

Culpabiliser APRES avoir dit non, aïe aïe aïe, en effet, y’a du boulot, Mila ! Mais ce que je vois, c’est que quand même, tu arrives à dire non, bravo ! C’est l’essentiel !

un atelier au fond des bois
Invité

Là franchement je dis bravo, j’ai beaucoup souri car je pense qu’il y a de madame culpabilité en nous maman qui courront entre le travail, l’école et la maison!! chapeau, mais il me semble aussi qu’il y a un eu de madame générosité, madame patience, madame rigolote et aussi madame organisée dans madame Daphné!!

De bulles en aiguilles
Invité

Oh cette chère madame Culpabilité, je l’affectionne malgré tout ! Preuve qu’elle fait bien attention aux autres contrairement à sa voisine Mme Moi-je !
Elle aurait aussi pu s’appeler Mme Universelle !
Merci pour ce joli billet qui dit avec sagesse ce que nous sommes un peu toutes

Miss Blabla
Invité

Il faut absolument que je t’envoie une autorisation d’accès pour lire un billet de mon ancien blog à propos de la compta de l’école !!!
Je me reconnais tellement dans ton Monsieur Madame !!!
Si je n’ai pas encore réussi à travailler sur ma culpabilité démesurée (tu ne savais pas que la boîte de Pandore était de ma faute et sans doute le péché originel avec !), j’ai fait un énorme progrès sur autre de mes défauts : ma soumission à l’autorité (je ne suis pas sûre que ce soit la bonne appellation mais je n’ai pas trouvé mieux !).
J’ai réalisé que toute autonome et indépendante que je sois quand Monsieur Père, Monsieur Ex ou Monsieur Chéri ou Messieurs Frères m’expliquent que je fais n’importe quoi (et encore plus s’ils élèvent un peu la voix), je me ratatine et fais machine arrière. Je hais les conflits, je me liquéfie face à la colère…
Sans doute aussi le syndrôme de la petite dernière, de la seule fille ou que sais-je…

Et puis, au 14 juillet, après un pseudo incident de ce type, ça m’a attrapé d’un coup et j’ai réalisé qu’à 43 ans, j’avais fait plein de bons choix seule, que les conseillers ne sont pas les payeurs en ma demeure et que si je sais me battre et être forte seule dans la tempête et même tout simplement vivre, je le serai tout autant même s’ils sont là, que j’en avais marre de leu et j’ai renvoyé le Monsieur dans ses 22, qui est venu s’excuser une heure plus tard et j’ai fait ce que j’ai voulu comme j’ai voulu et c’était très bien de faire plier les autres à MA volonté !!!

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