déception en vacances

De la déception en vacances : rêve vs réalité

Nombre d’entre nous ont eu la chance de faire leurs valises cet été. On en avait tant rêvé, de ces vacances pour lesquelles on a si durement travaillé toute l’année . Mais à force de les idéaliser, ne risque-t-on pas de vivre une déception si nos vacances ne sont pas parfaites ?

Voici le premier épisode de la déception en vacances :

plage par martin parr

La plage , haut lieu de déception en vacances

Pour la plupart des gens, la plage c’est le symbole des vacances idéales : on s’imagine déjà dans un cadre paradisiaque , seule sur une plage bordée de cocotiers , l’eau turquoise venant délicatement lécher le sable.

En réalité, on a bien plus de chances de se retrouver à slalomer entre parasols et mégots à Palavas-les-Flots. Enfin, quand on arrive jusqu’à la plage. Parce que le premier supplice de la plage en été est déjà d’y aller. Je t’assure, aucun preux chevalier ne s’y hasarderait. Oublions l’idée de rouler en décapotable sur une corniche vers une crique sauvage, notre réalité sera plutôt une Twingo coincée en plein cagnard de l’après-midi entre petit train et caravane du grand cirque dans le fameux embouteillage de Mers-les-Bains.

Dans lequel tout le monde cherche une place de parking ; d’ailleurs, moi aussi, depuis plus d’une demi-heure déjà. Alors j’active le mode espion et prends en filature une famille qui ressort de la plage bouées sous les bras. Arrivée devant leur carrosse, pendant 15 min, chaque membre de ladite famille s’essuie consciencieusement ses 10 orteils avec l’unique et minuscule serviette pour décontaminer la zone du moindre grain de sable.

déception en vacances

Rêve VS réalité

Ah ça, si Sherlock Holmes déboule avec sa loupe, pas de doute, ils seront clean de tout matériau granulaire. Moi par contre, je vois le beau rouge du bronzage de camionneur qui se profile. J’Hercule Poireaute, haletant en plein cagnard, avec le bruit de mon clignotant pour seule occupation . Enfin, le Scenic exempt du moindre grain de sable s’élance en marche arrière. Hop, j’enclenche la première et zou ; un goujat s’engouffre pour me piquer la place. Le cerveau tout ramollo, je repars déconfite vers une autre bouée qui apparait sur le parking.

Cette fois, hors de question de laisser le moindre territoire à l’ennemi. Alors je serre si fort la voiture garée que je l’empêche de sortir. Certes, personne ne bougera. Mais au moins, la place restera à moi. La bonne nouvelle, c’est qu’il est déjà 16 h, le plus gros des UV me seront épargnés.

A peine arrivée sur la plage, je réalise que pour marquer mon territoire, va falloir dégainer de la serviette xxl – sans serviette, comment résister à l’assaut des envahisseurs décidés à annexer ton maigre espace ? Là, je comprends d’un coup l’engouement pour les serviettes de plages rondes et parasols xxl. Adepte du minimalisme, tant pis pour toi : ton espace vital le sera aussi.

plage martin parr

Guerre de position

Enfin, mes doigts de pied sont en position règlementaire : un sublime éventail. Seul hic ; le sable n’est clairement pas ce que la nature a créé de plus moelleux ( mon ventre, lui, il l’est ). Alors je creuse un trou pour les fesses, utilise le rebut pour me faire un monticule en guise d’oreiller, ajuste les fondations. C’est bon, mon matelas de sable est moulé pile à mes proportions. Je m’allonge, ferme les yeux. Inspire, expire, sens la douce caresse de la brise marine sur ma peau. Je m’abandonne à mes sensations et là ;

  • Tchiki-Tchikita, Tchiki-Tchikita, Tchiki-Tchikita
  • Elle a l’regard qui tue Tchikita, cheveux longs comme Nikita
  • Si elle me quitte pas, j’la quitte pas, Tchikita, Tchikita

photo martin parr

Confirmation oculaire : le groupe de p’tits jeunes qui vient de s’installer à 5 cm de mon oreille est bien muni d’une enceinte portative. Et ils sont déterminés à partager l’info avec toute la plage.

Pas grave, je suis quand même venue à la plage pour me baigner, n’est-ce pas ? Aaah, la joie de plonger dans l’eau ! Hum, elle est tiède, quel bonheur ! “Papa, papa, regarde j’ai fait pipi, l’eau est toute chaude maintenant”. Hum, allons nager plus loin veux-tu ?

déception en vacances

OK, ici l’eau est tellement translucide qu’on voit le fond. Oh, un sac plastique. Beurk, d’un mouvement de brasse je m’éloigne. Tiens, c’est bizarre ces filaments. Puis la décharge électrique. Purée de b**del de m**de, ne me dis pas que c’est un banc de méduses ? Je bats le record de 100 m brasse, m’éjecte hors de l’eau et regarde : les piqûres vermillons ne trompent pas. Tchiki-Tchikita, Tchiki-Tchikitaaa, je rampe jusqu’à mes affaires, balance du sable sur ma plaie, me planque sous ma serviette en grelottant et essaie de reprendre mon calme. Tchiki-Tchikita, Tchiki-Tchikitaaa.

Oui, c’est ça, ne plus penser à rien : la douleur n’est qu’une sensation, une information que mon corps m’envoie. Purée, c’est quand même une manière douloureuse de faire passer l’info. Tchiki-Tchikita, Tchiki-Tchikitaaa. Respirer, me caler sur le rythme de la musique pour faire le vide.

vacances a la plage

De la déception en vacances

Manger mon pique-nique pour reprendre des forces puis rentrer, voilà la meilleure chose à faire. Déballer le sandwich en tremblotant, le porter à mes lèvres. Aaaa-tchoum. Vlan, dans le sable le sandwich. Pas grave, avec un coin de ma serviette, je vais le frotter pour rendre ça mangeable. Oh purée, la serviette est pleine de beurre maintenant.

martin parr

Toutes les photos de cet article sont extraites de l’exposition “Life is a beach” de Martin Parr . Ce photographe britannique pose un regard à la fois moqueur et tendre pour créer un ensemble documentaire réaliste de la vie des vacanciers. Une touche d’humour british qui en dit long sur notre mode de vie.

Tant pis, j’y vais. Hop, un coup de serviette pour m’essuyer et. Aaaaah. Le beurre sur mes plaies, ça fait maaal. Tchiki-Tchikita, Tchiki-Tchikitaaa, je vous laisse, hein, les gars.

Et toi, quelle fut ta plus grande déception en vacances ?

 

 

 

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melmelboo voyage

Ah oui… la plage. Je la préfère au printemps ou en automne pour me baigner, et en été pour les longues balades !

Doroth
Doroth

Les vacances étaient bonnes dans le sud on a testé Vias plage et Marseillans plage et une autre sont j ai déjà oublié le nom. En revanche pour chacune je peux te dire qu’ il y a bien ses satanée mégots sans compter les pailles aussi. Pourtant il y a des sacs poubelles pour y jeter les déchets. Peux être pensés t il que des pailles et bb cigarettes vint pousser

Sophie
Sophie

Hahaha cet article est génial ! A contre-courant mais tellement vrai !
Ca me rappelle les vacances à la plage en Espagne, ou à Marseille quand j’étais plus jeune, et la guerre de positions pour trouver un carré libre assez grand pour mettre nos serviettes…
Il faut sans doute préférer les plages bretonnes ou aux alentours de Perpignan, moins bondées je pense car plus grandes !

Yanne
Yanne

Morte de rire !
Cela dit, je déteste la plage ! D’abord, je ne tiens pas plus de 10 mn en plein soleil, ensuite, la foule et moi… Ces photos sont un pur cauchemar ! Alors, la plage, oui, sur l’océan, où elles sont immenses et peu peuplées (en même temps, vu la température de l’eau, on comprend). Nous vivons à Marseille, j’y ai mis les pieds une fois cette année, un matin, marchant dans l’eau pendant que l’homme nageait et me délectant de regarder les gens, puis au soleil le temps de sécher le maillot et zou, on enfile la robe par dessus et on rentre d’un coup de scooter, les familles arrivent à grand renfort de pelles (pour te balancer du sable dans la figure), de marmots (à engueuler très fort) et de radios (le tube de l’été)…
Ma déception des vacances ? Attends, je cherche ! Ça compte d’avoir fait cuire deux fois la gelée de prunes et d’avoir obtenu 1) du liquide 2) du solide ?
Non ?

Val Lao sur la Colline

C’est pour éviter ça que cet été en Croatie, on s’est enfoncé dans des chemins creux, ou marché sur des falaises longtemps, et on les a eues, nos belles plages désertes !
Coimbre m’a déçue, il y a deux ans. Beaucoup plus décrépie que dans mon imaginaire. Il faisait trop chaud, aussi, j’étais fatiguée, sans doute. Seule déception de ce road trip au Portugal.

Fanchette
Fanchette

Ben voilà c’est pourquoi j’ai été à la plage en Cornouailles : vraiment personne sur Whitesand bay beach.
Faut dire que la plage n’existe qu’à marée basse (déjà faut savoir lire un horaire de marée version british) et qu’il faut descendre le long d’un sentier de chèvres (bonne jambe et chaussure de rando nécessaire. Quoi que j’ai vu des filles anglaises le faire en mules à talons et à poils… les mules à poils pas les Anglaises… quoi que – oui donc les mules à poils étaient l’accessoire des ados anglaises à la plage cet été – faites gaffe les Sudistes à mon avis ça débarque chez vous dès le printemps prochain. Je vous aurai prévenu !).
Voyons… la déception des vacances ?… Polperoo. Le petit port historique que quand t’arrive y’a un parking à 4 livres la demie-heure et que c’est blindé.
J’ai donc pris mes chaussures de rando (accessoire indispensable pour de bonnes vacances en Cornouialles donc) mon chien, et on y est allé le lendemain par le sentier côtier, 1 h de rando avec l’arrivée spectaculaire par le port plutôt que par le parking avec calèche pour rejoindre l’entrée du village – nan mais… attends j’apoplexie. Un gros grain est arrivée sur nous quand on arrivait au port : résultat à nous les ruelles désertes (et mouillées certes) de ce charmant petit port de carte postale… Moralité : vive les plans B… et les chaussures de randonnée.
Cet article est drolissime.
Ces photos sont à la fois tendre et sarcastiques.

Sabrina - Et si le bleu
Sabrina - Et si le bleu

Je confirme la mule à poil est déjà arrivée dans le sud. Et ça ne fait que commencer.

Catherine
Catherine

Oui,les Cornouailles britanniques c’est magnifique!!! On a fait une randonnée sur le chemin côtier et c’est époustouflant! Mais ce que tu oublies de dire ,c’est que l’eau est glacée! pas la peine d’essayer de s’immerger…quand on tente un orteil et qu’il ressort bleuâtre à tendance congelé! 😉

Mais au fond,est on obligé de se baigner en vacances?

Sabrina - Et si le bleu
Sabrina - Et si le bleu

La plage, un vrai sport de combat, aujourd’hui, je suis toujours accompagnée de mes 2 mômes, alors, entre tout le bazar à porter, les geignements à l’aller, les cris au retour (non, je veux pas rentrer !), c’est pas le truc le plus relaxant du monde. Je préfère les promenades sur la plage à l’automne où on vient chercher des coquillages et goûter l’eau avec les orteils. Parce qu’on a tenté Palavas les Flots un 15 août : 2 heures de trajet au retour pour 15 kilomètres… Plus jamais les gars, plus jamais.

Ma plus grande déception de vacances est plutôt celle de mon homme : après quelques jours dans une magnifique île des Cyclades, on passe 24 heures à Athènes avant de reprendre notre avion. Et du coup, visite de l’incontournable Acropole. Le truc que j’attends depuis la 6e et le cours d’Histoire de notre super prof. En sachant que j’ai fait des études d’histoire par la suite. Qui me passionnaient. Genre “enfin je vais voir ce chef d’oeuvre de l’humanité qui m’attend depuis des siècles”. Il y avait une sacré attente, quoi.
Sauf que. Ce jour-là, il pleut. Pas grand chose, mais suffisamment pour rendre mon homme triste, apathique, qui n’a plus envie de m’aider à trouver la bonne direction sur le plan et qui n’arrive qu’à répéter “il pleut” même quand je lui demande si on va voir ce fichu acropole ou s’il préfère trouver un troquet pour attendre la fin de la pluie. Du coup, pour moi, c’est plutôt une colère (j’ai cru qu’on allait se séparer là, au pied de l’Acropole, ce qui est quand même plus classe qu’à la caisse de l’Inter), et pour lui une grosse, grosse déception : il pleut en Grèce parfois.

Chloe
Chloe

Ton article m’a fait tellement rire. De mon côté après un été rempli de chez rempli je suis en vacances demain soir pour une semaine… Mais hier autour de la machine à café le retour de la plupart des collègue aidant le sujet des vacances étaient sur toutes les lèvres…j’en suis arrivée à la conclusion que:1. dire que sur la plage en été il y a trop de monde et trop de sable était peu accepté socialement (pourtant quoi de plus vrai ), 2. Les destinations de vacances = une compétition d’ego comme j’en ai rarement vu (si tu n’es pas partie au moins deux semaines à l’autre bout du monde ou alors au bord de la mer dans le pire des cas, tu a raté tes vacances que dis-je ton été, ton année, ta vie toute entière). A ton avis quel est le risque de crise cardiaque si Je leur dis que je pars en rando dans le Jura sans une plage à des dizaines (centaines ? ) de kilomètres ?

Shadocka
Shadocka

Franchement, mais franchement hein, à quoi ça sert le tourisme, à part faire migrer une partie de la population d’un endroit où elle se sent moyennement bien (sinon elle ne partirait pas) à un autre où elle se sent encore moins bien, dans un environnement fatalement dénaturé et archi pollué mais où elle retrouvera la plupart du temps son Mac do et son petit déjeuner continental ?

A quoi ça sert les vacances qui étymologiquement renvoient au vide ? Vide à combler fébrilement pour rentabiliser le déplacement. Les vacances, c’est fait pour partir sur les chemins fléchés de la découverte programmée tout en s’octroyant de temps en temps, le petit frisson d’une improvisation balisée.
C’est aussi l’évasion, mais s’évader de quoi? De l’enfer du travail, de la routine soporifique, de soi ; c’est donc une nécessité sociale, biologique, de snobisme ?

Il y a dans l’industrie touristique des tas de formules à la carte, des concepts à vivre, de road trips, des séjours thématiques… Par exemple des endroits presque vierges à découvrir, des destinations “aventures” à la Jules Verne où l’on se prendra pour des aventuriers, où l’on rencontrera des “autochtones” avec lesquelles on vivra évidemment une aventure humaine extraordinaire. Bref le vacancier joue à être quelqu’un d’autre, joue à faire semblant.
N’oublions pas non plus le phénomène de mode qui joue également sur les destinations.

En tout cas, les vacances c’est vivre au superlatif, mais cela sert surtout à consommer des lieux, à « faire » des pays, des villes, pour collectionner des photos, des souvenirs, à jouer à l’explorateur de pacotille, mais aussi à ramener son tapis berbère ou son masque africain dûment exposés dans le salon comme souvenirs du grand globe trotter que nous sommes.

Alors bien sûr, le type de vacance et le lieu choisi sont essentiellement un signe extérieur de classe sociale:« Il y a le tourisme pour tout le monde et le tourisme culturel supérieur ». Mais au fond, c’est la même chose.
« C’est une reproduction à l’infinie d’une humanité qui passe à côté d’elle même et qui pour ne pas voir qu’elle passe à côté d’elle-même, n’arrête pas de passer partout ailleurs »…

Josiane GELAUFF
Josiane GELAUFF

Ah ah, j’aime beaucoup !! très réaliste.
Perso, c’est la raison (les ) pour laquelle nous prenons nos congés en septembre et que nous n’allons jamais l’été au bord de la mer. De toute façon , nous ne sommes pas très plage, nous avons la même façon, comme vous, de voir les choses..
Daphné, j’ai fait hier soir le gratin de courgettes, super bon, merci pour la recette.

Mila
Mila

Ah, j ai bien ri ! Je suis une maniaque du sable, genre à déballer le sac de jeux des filles pour le secouer et ôter le sable SUR LA PLAGE, épreuve aussitôt vouée à l échec quand les deux reviennent shooter dedans et farfouiller les mains pleines de SABLE pour prendre une pelle…
Mais comme on va en Corse (ouais, jetez moi plein de sable), on n est pas du tout gênés par la foule, c est déjà ça

Myrtilla

Excellent ton article ! Je me suis tout de suite posée la question si les photos venaient de toi, mais ça m’aurait étonnée, vu tous les visages exposés, et après je suis arrivée à la fin de l’article et j’ai compris 😉
En tous cas heureusement que pas toutes les plages sont comme ça, parfois on tombe sur des jolis endroits peu peuplés et où tu peux passer de belles vacances tranquilles 🙂